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Dans la série: « Comment j’ai appris mon métier de DRH »​: Leçon N°1 : « Evaluer objectivement un candidat en recrutement »

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2–3 minutes

Le 21 janvier 2019

À chaque fois que j’entends un de mes clients énoncer parmi les critères les plus importants selon lui chez le candidat qu’il veut que je lui présente, celui de « souriant », ( «je veux quelqu’un de souriant ! »), je ne puis m’empêcher de me remémorer l’anecdote qui a marqué ma vie de jeune DRH et m’a forgé la conviction qu’il est crucial en recrutement de bien faire expliciter chez son client (interne ou externe) ce que celui-ci met derrière chaque mot, chaque qualificatif, chaque critère du profil qu’il recherche, au moment de l’analyse liminaire du besoin. Sinon on peut aller au-devant de lourdes déconvenues.

Un jour, un DG me demande de lui recruter une assistante « souriante ». Je m’exécute avec minutie et lui soumets quelques temps après ma short list de quatre candidates, toutes de grandes professionnelles et de surcroît « souriantes ». Après les avoir auditionnées, le DG me dit d’une mine chafouine: « aucune n’est assez souriante ! ». D’un coup je comprends que nous ne mettons pas lui et moi le même sens à ce mot que je me risque alors à lui faire expliciter.

Quelle fut sa réponse ?

«Alliciante, bien mise et disponible ! ». (ndlr : version édulcorée !)

Au-delà du caractère sexiste, discriminatoire même, et plus que scabreux de sa réponse, et par ailleurs, de ma première vraie confrontation à un problème éthique dans l’exercice de ma fonction («est-il de mon ressort de DRH (ou de consultant) de fournir à un client- fût-il mon patron ou demain mon client – la proie ou bien l’archétype fantasmé qu’il demande? »), j’en ai tiré l’enseignement indélébile suivant pour la suite de ma carrière de recruteur : rendre explicite ce qui est implicite, manifeste ce qui est latent, et objectiver autant que nécessaire et possible les critères de sélection, de même que connaître et poser les limites de ce qui est acceptable ou non au regard de l’éthique professionnelle au risque de s’exposer voire de s’opposer…

Ici par exemple, il conviendrait bien plutôt de faire valider la traduction du qualificatif « souriant » en compétences opérationnelles relationnelles utiles à l’emploi d’Assistant de Direction (en plus de beaucoup d’autres compétences requises bien sûr !):  « Savoir représenter et donner une image positive de l’entreprise aux visiteurs » et « ajuster son discours au niveau de ses interlocuteurs ». Formulations plus commodes à évaluer objectivement et moins tendancieuses….

Tout ceci est à considérer bien sûr avec le sourire !

Yannick Plante