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Misonéisme (Suite de) Mon florilège de mots soutenus ou rares pour décrire les profils, compétences et comportements en entreprise

Temps de lecture

3–4 minutes

Je reprends et persévère sur cette rubrique périodique de mon idiolecte, des mots et expressions que j’ai pu (et en passe encore d’) utiliser lors de mes pratiques professionnelles de DRH, consultant RH ou coach de dirigeants en entreprise. Ce sont des mots et expressions que je retire d’un vocabulaire du registre souvent soutenu, voire rare (précieux même parfois !), et qui permettent à la fois de définir avec finesse et précision -comme la langue française le permet tant- les comportements, compétences, attitudes, traits de personnalité, ou parfois travers des acteurs du monde de l’entreprise, et au passage, d’exhumer, faire revivre et mettre à l’honneur ces pépites pourtant tombées en désuétude le plus souvent. Ces mots peuvent ou ont pu émailler mes comptes -rendus d’entretiens de recrutement ou mobilité de mes candidats, mes bilans de compétences ou d’accompagnement en outplacement, mes notes et procédures RH ou chartes managériales, mes rapports d’audits en tous genre, et leur donner une petite touche que certains trouveront par trop « sophistiquée », mais que j’assume ici ouvertement. Si certains de ces mots ou expression de « mon » florilège vous font réagir, vous plaisent, vous surprennent ou vous agacent, si d’autres sont de votre champs lexical et que vous voulez m’en faire la joie du partage, merci de réagir et me le faire savoir, d’autres suivront…!

Le mot du jour :  Misonéisme

Contexte d’utilisation : conduite du changement, parcours professionnel, coaching.

Rubrique : Management et conduite du changement

Enoncé contextuel : « Ignace était connu et catalogué dans son entourage et par ses propres managers successifs comme une personne réfractaire à tout changement, et hermétique à l’utilisation de nouvelles technologies : smartphone, IA, outils numériques dans l’exercice de ses fonctions. Las, ce travers misonéiste lui valut d’être fiché comme « has been »[1], d’être mis au ban, et sorti des listes des personnes à promouvoir ».


[1] Expression qui est elle-même dans un double mouvement miroir « has been », ringardisée

Définition : Tendance d’esprit ou attitude systématique d’hostilité, d’aversion voire, à l’innovation, au changement (dans les habitudes et les préjugés établis).

Mes commentaires :

En ligne droite du grec ancien, misonéisme est formé de 2 racines : miso (« qui n’aime pas ») et néo (nouveau), et du suffixe : isme. Le concept relatif au misonéisme peut se trouver aussi dans les formes de néophobie ou même plus largement de métathésiophobie, qui, elle, est relative à la peur du changement, sorte de réaction psychologique marquée par une anxiété intense ou une réticence face à l’idée de modifier ses habitudes ou son environnement. L’usage du mot misonéisme est apparu brutalement à la toute fin du XIXème siècle pour s’éroder ensuite lentement jusqu’à nos jours. Il est à parier qu’il reviendra en grâce à la lumière des éléments que j’évoque ci-après. La peur de la nouveauté et l’anxiété générée par l’innovation et les nouvelles technologies sont de plus en plus prégnantes actuellement avec l’accélération de l’immixtion de nouvelles techniques, et la succession de révolutions numériques (internet, le nomadisme avec les smartphones et désormais l’Intelligence Artificielle (IA)). Ce que l’on ne comprend pas et craint de ne pouvoir maîtriser fait souvent peur : c’est un phénomène bien connu des psychologues, et la principale résistance au changements attendus par les dirigeants (au plan des entreprises ou de la société en général).

Conseil/Mise en garde : Comme dans toute conduite du changement et à l’orée de transformations profondes voire de révolutions d’usage comme c’est parfaitement le cas aujourd’hui avec l’IA, il convient d’abord de faire preuve de pédagogie surtout aux moins jeunes générations : expliquer le fonctionnement, les avantages et les limites (de l’IA ici par exemple), en somme tenter de rendre plus familier un phénomène qui apparaît de prime abord comme menaçant car incompréhensible et/ou difficile à dominer, puis mettre en avant les bénéfices à attendre à « migrer » vers une maîtrise de ces technologies nouvelles pour ne pas rester sur le bord de la route et être victime de la fracture numérique qui guette tant de personnes misonéistes. Comme souvent la question n’est pas de savoir s’il faut prendre à titre personnel le virage IA, mais bien plutôt de savoir « quand » et « comment » le prendre…

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Yannick Plante